Messe organisée par l'Action Catholique Ouvrière, Paroles des « Molex » et des « Brusson »

Messe organisée par l'Action Catholique Ouvrière  

  Paroles des « Molex » et des  « Brusson »

 

Pour le Père Philippe Bachet, conduire une messe en direction du monde ouvrier, et des Molex en particulier, sous le signe de l’ ACO semble aller de soi.

Le choix de la dignité humaine face au capital reste pour le religieux un choix moral avant d’être un choix idéologique, il comprend que d’autres puissent se mobiliser contre une idéologie aveugle par une autre dimension idéologique mais attention semble-t-il nous dire de ne pas non plus oublier l’humain au nom de plus d’humanité.

Découvrons in situ les propos du religieux

 

 

 

« A la demande de l'ACO j'ai accepté que la célébration de ce dimanche soit l'occasion de rappeler l'engagement de notre église au cours de ce conflit. Le thème des journées nationales de l'ACO était résumé dans le titre : Résistance et Espérance.

Ce thème est dans la ligne de ce que nous avons fait ici tous ensemble. J'ai toujours insisté pour dire que le soutien que nous apportions se faisait au nom de la doctrine sociale de l'Eglise que j'ai eu l'occasion de rappeler à plusieurs reprises. Je suis donc heureux d'accueillir une délégation de l'usine Molex et une délégation de l'usine Brusson, qui grâce à l'effort de tous : Comité de coordination pour le développement économique de notre bassin de vie, Association de soutien des Molex, engagement des élus et des syndicats a permis le sauvetage de cette usine qui nous l'espérons sera appelée à se développer dès l'an prochain.

La célébration d'aujourd'hui aura donc un caractère particulier et c'est pourquoi dans un premier temps nous allons entendre des témoignages encadrés par deux chants le premier de Gérard Delahaye* et le second de Guy Keller dont vous avez les textes sous les yeux. »

 

 

                                                              Tu es un homme (paroles et musique de Gérard Delahaye)

 

            1                                                         Refrain                                                         2

Courbe l'échine                             Comment parler ?                                T'es hors d'haleine

Fais tourner la machine                 Comment crier, ne plus de taire ?       T'es toujours à la peine

Le bureau ou l'usine                      Comment lutter ?                                 Saigné aux quatre veines

Et courbe bien le dos                    Comment ne plus de laisser faire ?     Par les petits boulots

Courbe la tête                                Tu es un homme et je te nomme          Tu perds la foi

On te vend on t'achète                  "Mon camarade"                                 T'as mêm'perdu ta voix

On te prend on te jette                   Et donne-moi la main                           Tu connais plus tes droits

Comme un vieux mégot                 Tu es un homme et je te nomme         T'es au bout du rouleau

            3                                          "Mon camarade"

Seul dans ton coin                          Et donne-moi la main

Tu rageset tu te plains

Et pourtant tu sais bien

Que tu es des millions

Des frèr's des soeurs

Qu'ont de l'espoir au coeur

Rejoins-les n'ai pas peur

Arrache ton bâillon

 

Partager la parole des « Molex » et des  « Brussons »

 

Nous publions le texte d’introduction à la célébration de dimanche 7 novembre de Jean Philippe Tizon, militant de l’action catholique ouvrière (ACO).

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«  (…) Je prends rarement la parole au sein de notre communauté. Aujourd’hui, j’interviens comme militant ACO et accessoirement comme un des animateurs du comité diocésain du mouvement. Aujourd’hui, nous allons partager tous ensembles des moments de vérités humaines à travers la parole de femmes et d’hommes, ouvrier, ingénieur, cadre technique. Ils sont de chez « Molex » ou des chez « Brusson ». Ils portent avec dignité et humilité des témoignages de luttes,  de colères, parfois de désespoir mais surtout d’espérance.

Être chrétien, c’est d’abord aller à la rencontre de l’autre.

Vous  qui êtes présents (es) au sein de cette assemblée, vous l’avez déjà fait. Vous étiez de celles et de ceux, le 6 novembre 2008 qui sont descendus  pour dire NON à la liquidation et au vol légal des savoir-faire, par la compagnie américaine Molex, de « notre » usine compétitive et bénéficiaire.

Vous l’avez fait, en allant simplement apporter votre soutien  à plusieurs reprises aux salariés en lutte.

Vous l’avez également fait en apportant votre soutien lors du rassemblement des « Brusson »  devant l’Hôtel de Ville où avec les membres du Comité de coordination pour le développement économique et industriel et les élus. Il a été rappelé qu’il n’était plus tolérable de perdre les savoirs faire qui ont construit la réputation et la richesse de la ville et par extension à l’ensemble des cités humaines.

Pour nombre d’entres vous, et malgré le peu d’habitude, vous avez entendu cet appel de femmes et d’hommes subissant des injustices criantes. Jésus nous appelle à devenir des veilleurs et vous êtes devenus des veilleurs. 

« Lève-toi et marche » nous  dit-il.

 Nos mobilisations ont payé, partiellement pour les « molex ». Néanmoins, sans leur détermination, il n’existerait pas aujourd’hui VMI. Sans la mobilisation, la détermination  du comité de coordination et des salariés « Brusson »  nous aurions définitivement perdu un autre potentiel économique local.

Il y a quelques dimanches, nous avons écouté les paroles fortes du prophète Amos. Souvenez-vous, il dénonçait les pratiques d’enrichissement scandaleux des dirigeants économiques de l’époque. A l’image de Moïse et Jésus, il en avait déjà tiré l’enseignement que nous ne pouvions à la fois servir Dieu et l’argent. Non pas l’argent comme outil d’échange au service des hommes,  mais l’argent déifié comme seule finalité pour laquelle des millions de femmes et d’hommes doivent être sacrifiés, parfois au sens premier, sur l’autel de la bourse. Il faut arrêter le massacre ici et ailleurs.

En ACO, depuis 60 ans, nous avons prêté une double fidélité : en la classe ouvrière et en Jésus.

En 1968, les jeunes de la JOC affichaient un slogan percutant,  42 ans plus tard reprenons le tous ensemble : « un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde ». Parce qu’il est source de vie, de savoirs, et d’espérance, tout le contraire de ce monde financiarisé à outrance.

l’ACO a choisi d’intitulé sa rencontre nationale : Résiste, espère. Ensemble choisissons la vie. La résistance, l’espérance le choix de la vie vous allez les entendre dans sa dimension temporelle mais aussi morale à travers les témoignages de nos amis. A cette dimension temporelle partagée par nous tous, nous croyants, nous devons ajouter les dimensions de résistance et d’espérance spirituelle. C’est de ces dimensions que résulte notre capacité à dire, au nom de l’Amour, Non à l’inadmissible.

Dans la clandestinité, en novembre 1941, le Père Chaillet dans le premier numéro clandestin des cahiers du Témoignage Chrétien interpelait le régime de Vichy « France, prends garde de perdre ton âme ».

Autre lieux, autres époques, autres guerres notamment économiques, devenir disciple du Christ ne se veut toujours pas de tout repos. Nous devons toujours interpeller les puissants du moment, grands ou petits afin que nous ne perdions pas notre âme collective. Un extrait des Béatitudes s’impose par conséquent : Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés.

Je laisse donc la Parole aux travailleurs de Molex et de « Brusson» afin qu’ils puissent être rassasiés et nous avec. »

 

 

« Les agissements de MOLEX donnent la possibilité

 à d’autre sociétés de ne pas financer leurs plans sociaux ».

Je voudrais faire le point sur la situation dans la quelle nous sommes aujourd’hui. La liquidation judiciaire de la SARL Molex qui a été prononcée  entraine le financement de certains points du PSE par les contribuables : Notamment,  Le financement du cabinet de reclassement SODIE et celui des formations par la région. Il reste en suspend la question du paiement des indemnités de licenciement des 19 représentants des salariés ainsi que le paiement de la mutuelle.

Contrairement a ce qui a été dit les salariés n’ont pas touché  100.000 euros chacun, Dans les 100.000 euros sont inclus : les indemnités de licenciement, la formation, le cabinet de reclassement, etc… Mais il ne faut pas oublier que nous avons perdu notre emploi.

Au-delà de notre dossier, cette liquidation judiciaire et les agissements de MOLEX donnent la possibilité à d’autre sociétés de ne pas financer leurs plans sociaux. Il faut que les pouvoirs publics prennent des mesures concrètes et urgentes pour empêcher ce genre d’agissements scandaleux. Pour cela nous avons besoin du soutien de tous.

Je finirai en remercient le père BACHET, le comité de soutien, la mairie de VILLEMUR, ainsi que toutes les personnes anonymes ou pas, pour leur soutientout au long de ces deux années de lutte, ainsi que la presse sans qui nous n’aurions pas eu l’écoute du gouvernement.

Patrick Frégolent

 

 

« Chaque salarié à droit au respect ».

 

"Merci père Philippe, merci à la communauté chrétienne de Villemur de nous donner l'occasion, en ce jour anniversaire, de nous exprimer sur la lutte des salariés contre la fermeture du site de production de Villemur. Je parle de jour anniversaire, car il y a deux ans, presque jour pour jour, Villemur était témoin d'un immense cortège dans ses rues jusqu'à l'entrée de l'usine, de la SGE comme disaient encore les anciens. Passée l'émotion de cette foule immense et indignée, il restera un groupe de personnes et beaucoup de médias pour suivre le combat des salariés contre le diktat de la compagnie Molex durant 11 mois, et surtout en cet été 2009. Je souhaite vous dire, avec des mots simples, qu'est-ce qui a pu amener des salariés ordinaires sans tradition de luttes sociales à cette aventure qui défraie encore la chronique aujourd'hui.

Au milieu d'une crise mondiale sans précédent, des hommes et des femmes ont imposé une résistance pacifique à une volonté patronale de fermeture de leur usine. J'hésite à dire patronale car il s'agit là plus d'une volonté de financiers que de vrais entrepreneurs, le cliché qui fait son chemin: l'économie virtuelle qui tend à remplacer l'économie réelle. Je disais donc un groupe de gens, unis au delà de leurs divergences syndicales ou politiques, a tranquillement affirmé qu'ils n'acceptaient pas qu'on les mette dehors avec un chèque de remerciement. Sauver l'emploi sera le leitmotiv durant 11 mois, l'emploi qu'ils avaient , j'oserai dire reçus en héritage de leurs pères et mères, mais aussi l'emploi qu'ils voulaient préserver pour les générations futures.

Sur internet, un article titrait "nos salariés valent moins que nos profits". Titre provocateur sur lequel on pourrait épiloguer longuement mais le résultat est bien celui-là. Quand l'argent devient le centre de tout, quand la bourse décide de tout, on en arrive à ces résultats. Nous nous sommes battus contre le low cost et les profits jamais égalés des banques, la grande pauvreté et les fonds de pension qui régissent l'économie, la suppression des emplois et la globalisation de l'économie. Dans le cadre du droit du travail, acquis par la lutte de nos ainés, nous nous somme opposés à une conception du monde qui traite l'homme comme un objet et le relègue à la marge.

La lutte des salariés de Molex continue dans le champ des médias bien sûr mais aussi au quotidien, en considérant que chaque salarié a le droit au respect et à une vie décente. Dans quelques jours, un film sera diffusé à Villemur, le titre devrait être "Molex, des gens debout", si le résultat de cette longue lutte était cela, mettre les gens debout, nous serions sûrement fier de ce résultat."

 

Jean Marzorati

 

 

« Le travail reste une valeur forte au service des individus ».

 

Quand on nous a demandé de venir parler 2 minutes devant vous de l'homme et du travail à travers l'expérience vécue avec Molex nous n'avons pas accepté immédiatement; en effet le rapprochement entre les deux mots  «Molex» et «travail» nous faisait encore mal aujourd'hui.

Comme beaucoup de personnes de la vallée du Tarn villemurienne nous avons intégré l'usine et nous l'avons  vue évoluer et grandir avec de vrais industriels à la tête; à cette époque le résultat n'était que le fruit d'une bonne gestion industrielle et humaine même si, quelquefois des conflits ont pu éclater mais ont été réglés aussi avec l'aide que peut procurer le fait de vivre et de travailler au pays, de se voir et de se croiser en dehors du lieu de travail.

Puis, petit à petit, les industriels ont été remplacés par des soit disant industriels venus d'ailleurs et qui en fait n'étaient plus que des financiers et qui ont alors fait passer l'homme au second plan.

Les hommes sont alors devenus la variable d'ajustement dans cette mondialisation complètement déshumanisée et ceci jusqu'à la décision finale de Molex de fermer l'usine  bien que celle ci ait fait de  substantiels profits jusqu'aux derniers mois précédant l'annonce fatidique.

L'annonce de la fermeture; c'est quelque chose qui fait mal, qui fait même très mal, que vous soyez jeune ou vieux, que vous soyez ancien ou nouveau on prend conscience que tout ne sera plus comme avant, que les habitudes bonnes comme mauvaises vont disparaître et que là ou certains ont pu travailler de père en fils demain cette tradition ne sera pas perpétuée.

Cette annonce a fait mal beaucoup plus largement que le strict périmètre des salariés concernés; à preuve la marée humaine qui ce jour là a défilé dans les rues de Villemur pour dire NON à cette décision dont on sait aujourd'hui qu'elle était tout sauf économique.

Mais que signifie pour les dirigeants de Molex le mot travail et le mot travailleur quand pour eux leurs salariés ne sont que des numéros répartis dans le monde entier pour leur assurer de substantiels bénéfices à eux et à leurs actionnaires et ceci au détriment de familles entières.

Nous avions «la chair à canon»; nous avons dorénavant la «chair aux profits» mais les gagnants sont toujours les mêmes.

Et aujourd'hui la dernière décision de Molex de ne plus assurer son PSE jusqu'au bout malgré des bénéfices records et une augmentation des dividendes de 15% versés aux actionnaires est dans la même logique; leur message est de ce point de vue très clair.

Pour nous, nous nous sommes battus pour garder l'emploi au pays et que le travail reste une valeur forte au service des individus qui permette de vivre, d'élever une famille dignement et que ceci se fasse pour le profit de l'humanité et non de quelques uns.

 

Jean Jacques Pelissier et René Gianno

 

 

                                                      Des mots pour se dire  (paroles et musique de Guy Keller)

 

Refrain

Des mots

Aimer, partager, lutter,

Des mots

Aimer, partager, lutter,

Croire, espérer, témoigner

             1                                                              2                                                     3

Des mots pour donner                       Des mots pour chanter                       Des mots pour oser

Du sens à notre vie                            La foi qui nous rassemble                  Résister malgré tout

Des mots pour donner                       Des mots pour chanter                       Des mots pour oser

Du sel et de l'envie                            Le bonheur d'être ensemble               Tenir contre les coups,

A tout ce qu'on engage                      Toutes couleurs mêlées                      Durer dans l'espérance.

Des mots pour crier                            Des mots pour lever                           Des mots pour écrire

Nos soifs de dignité                           De nos bras solidaires                        La suite d'une belle histoire

Des mots pour crier                            Des mots pour lever                           Des mots pour écrire,

Nos soifs de liberté,                           Par delà les frontières                        Pour encrer nos mémoires

De paix et de justice                          Un monde plus fraternel                    L'histoire de tout un peuple

 

 

« Homélie »

 

 

« Je retiendrai juste la dernière phrase de l'évangile d'aujourd'hui : Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Et il s'agit bien de cela dans notre rencontre d'aujourd'hui.

L'Eglise a souci de la vie éternelle mais le Christ insiste pour nous dire que la vie éternelle commence dans notre passage en ce monde dans le temps et dans l'espace. Et c'est bien concrètement là que nous sommes invités à travailler pour avancer et espérer un monde plus juste et plus fraternel tel que le Christ nous y invite notamment dans les Béatitudes que nous relisions à Toussaint et qui ornent le choeur de notre église : heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, heureux les artisans de paix.  Le traumatisme que nous avons vécu ici, à Villemur, est justement le fruit d'un mépris évident de la dignité de la personne humaine à la fois dans son travail et dans la capacité des ouvriers et des ingénieurs à construire et à mettre en oeuvre les outils nécessaires à la fabrication des pièces demandées.

Ceci s'appelle d'une part la valeur du travail et la valeur de l'investissement. Le cas de Molex dépasse largement le cadre de notre communauté de vie car il a été le symbole de la financiarisation du travail qui démolit aujourd'hui tant et tant d'entreprises, qui met tant d'hommes et de femmes au chômage dans une conjoncture économique difficile.

Depuis le début de l'industrialisation, l'Eglise a sans cesse dénoncé les dérives des systèmes uniquement basés sur le capital. Léon XIII dans sa célèbre encyclique 'Rerum Novarum' fait émerger la question sociale. Parmi les propositions, très novatrices à l'époque, il note le droit au juste salaire, le droit de constituer des associations professionnelles, la nécessité d'adapter les conditions de travail des enfants et des femmes, le repos dominical. Léon XIII situe l'église dans une position critique à la fois envers le socialisme collectiviste et le libéralisme individualiste, position qui restera une constante de la Doctrine sociale.

Jean XXIII insistera sur la nécessité de renouer les liens de la vie en commun dans la vérité, la justice et l'amour et il rappellera que le développement passe par le travail et l'entreprise qui doivent tendre à devenir des communautés de personnes. Il affirme les droits de l'homme en lien avec ses devoirs tout en rappelant que l'ordre de la société repose de fait sur 4 piliers : la vérité, la justice, l'amour et la liberté. Il aborde déjà le thème de la mondialisation et de l'interdépendance des peuples.

Paul VI sera confronté au problème de la décolonisation. Dans son encyclique 'Populorum progressio' il affirme que la question sociale est devenue mondiale. Les nations sont invitées à des transformations audacieuses et des réformes urgentes afin de réaliser une action concertée pour le développement intégral de l'homme et le développement solidaire de l'humanité. L'église dit-il tient comme important et urgent de bâtir des structures plus humaines, plus justes, plus respectueuses des droits de la personne humaine, moins oppressives et moins asservissantes, mais elle est consciente que les meilleures structures, les systèmes les mieux conçus deviennent vite inhumains si les pentes inhumaines du coeur de l'homme ne sont pas assainies, s'il n'y a pas une conversion du coeur (Evangelii nuntiandi 36).

Je ne peux pas énumérer toutes les prises de position mais je vais essayer de donner quelques pistes qui peuvent permettre d'espérer et d'avancer.

Le constat nous le connaissons : la financiarisation de l'économie mondiale tue peu à peu non seulement le tissu social mais aussi les entreprises même lorsqu'elles sont performantes si la valeur ajoutée n'est vue qu'à travers la lorgnette de la rémunération du seul capital.

D'autre part les banques ont inventé des produits financiers à risque qui ont conduit à la crise que nous connaissons.

Il faut donc aujourd'hui repenser de fond en comble la théorie de la valeur qui seule nous permettra d'avancer et d'espérer. Si cet immense chantier concerne au premier plan les dirigeants de la planète, nous pouvons donner quelques éléments fondamentaux.

La relation aux autres n'est pas un risque, elle est une chance, y compris dans le domaine de la mondialisation. Mais il s'agit de reconnaître la fonction sociale de l'économie et proposer des moyens de réencastrer l'économie dans le tissu de la société et l'orienter vers des critères à la fois moraux et politiques. L'argent redevient dès lors un outil de service et non de spéculation.

Il est nécessaire qu'une entreprise soit rentable, ce qui ne veut pas dire que maximiser son profit doive être son ultime finalité. L'activité économique d'une société concerne les fournisseurs, les salariés, les clients, les riverains des sites de consommateurs et les actionnaires. Ces responsabilités correspondent aux principes des droits de l'homme et du travail, du respect de l'environnement et de la lutte contre la corruption. Un certain nombre de propositions ont déjà vu le jour telles par exemple les Sociétés coopératives d'intérêt collectif.

 Il faut aussi éviter de nouvelles bulles financières qui peuvent encore s'établir, d'où l'importance des institutions internationales et de leurs dirigeants. Benoît XVI a repris le débat dans sa dernière encyclique. Le chef d'entreprise dit-il n'est plus stable, l'entreprise n'est plus liée à un territoire et l'actionnariat est à court terme. Or avant d'avoir une signification professionnelle, l'entreprenariat a une signification humaine. A tout travailleur doit être offerte la possibilité d'apporter sa contribution.  L'articulation de l'autorité politique au niveau local, national et international est une des voies pour parvenir à orienter une vraie mondialisation économique. Sinon, la démocratie elle-même est mise en danger. Les processus de mondialisation, convenablement conçus et gérés, offrent la possibilité d'une grande redistribution de la richesse au niveau planétaire comme cela ne s'était jamais présenté auparavant – s'ils sont mal gérés ils font croître la pauvreté, les inégalités au niveau même du monde. La diffusion du bien-être à l'échelle mondiale ne doit donc pas être freinée par des projets égoïstes et dictés par des intérêts particuliers. François d'Assise avait mis la pauvreté au centre de son message et de sa vie afin d'être libre et de pouvoir dire les vicissitudes de son temps. Aujourd'hui, il nous faut reprendre cette intuition à notre compte. Dès son enfance l'homme est jeté dans un monde où toutes les opinions, toutes les croyances, tous les systèmes de valeur se côtoient ouvertement. Dans ce monde pluraliste, la foi n'est pas une leçon apprise, elle exige un choix de valeurs, un déracinement, un cheminement de vie constamment réévalué. Le croyant est renvoyé à l'essentielle nudité de l'homme et il ne sait pas d'avance quelles sont les voies de Dieu. Mais la foi est une aventure qui rejoint la grande aventure humaine. Le croyant doit écouter les voix profondes du monde et se laisser interpeller par elles.

C'est au niveau de ce cheminement humain que nous sommes invités à entendre à nouveau la Parole et à découvrir les signes. Osons nous dépouiller pour être libres et accueillir les dons de l'Esprit. Oui avancer, espérer et ne jamais faillir à l'amour. »

 

 

Je crois en toi  (Slam avant le Notre Père)

 

La crise a assommé le petit ouvrier,                                      Pour macher dans la masse.

Le petit employé,                                                                  Et tu pries à la messe,                                   

Car il faut payer le loyer.                                                       Et tu ris sans cesse,

Et travailler plus,                                                                   C'est pas que ta vie soit sensass,

pas pour vivre dans le luxe.                                                   C'est juste que sans çà,

Non juste,                                                                              Tu la trouves moins sensée.                          

Pour gagner quelques euros de plus                                      Alors tu as semé des graines d'espoir.

Il faut s'échapper de la crasse,                                              Et chaque soir,

pas pour vivre classe,                                                            Tu ramasses les sourires de tes mômes

Non juste,                                                                              Et les mots tendres,

Espérer est devenu ton moteur.                                                                    2         

Une odeur de paix,                                                               Et j'ai peur,

Et c'est à la lune que tu confies tes peines,                           Que peu à peu les gens ne se parlent plus

Lorsque celle-ci est pleine.                                                    Qu'on ne voit plus que les différences

Et lorsque le soleil se lève,                                                    Entre un salam et un salut,

Tu rèves d'un monde meilleur,                                              Et c'est pour cela que la télé

Où chacun serait un acteur.                                                   Est au service du pouvoir.

Car ici on se perd dans l'info à grande vitesse,                     Elle joue son jeu et prend son pourboire.

Dans l'ivresse du JT,                                                              Et pendant ce temps,                                    

La télé veut tout nous dicter.                                                Le sans-papier tente de survivre,      

C'est l'époque du chacun pour soi,                                        Avec un pistolet sur la tempe et très peu de vivres

Et de la soif du billet violet.                                                 Ou comment être libre en étant dans l'attente

Alors certains patrons à l'oral sont violents.                          Avec un charter dans la tête.

Le harcèlement moral est une nouvelle arme,                       Oui j'aimerais que tout cela s'arrête,

Dans une nouvelle ère,                                                          Je veux qu'on vive nos rêves,

Alors voilà de nouvelles larmes,                                           Qu'on change les règles.

Et de nouveaux cris.                                                              Car nos vies ne sont pas à vendre.

Mais,                                                                                     Je veux apprendre de l'autre,

La vie n'a pas de prix                                                          Et que les capitalistes bien pensants,

je crois en toi, en nous,                                                        Voient les choses autrement.

Et en Jésus Christ.                                                              Mince, on peut plus vivre calmement,

On porte tous notre croix                                                   Parce que c'est l'heure du profit,

Mais quoi qu'on en dise,                                                     Et que l'euro est devenu prophète.

Je crois en vous,                                                                   Il n'y a plus deplace pour les faibles,

Pour que l'individualisme se brise.                                    Ainsi dans les faits les écarts se creusent

Oui,                                                                                       Entre pauvres et riches.

La vie n'a pas de prix                                                          Et un terrain en friche,

Je crois en toi, en nous,                                                       Devient vite un centre commercial,

Et en Jésus Christ.                                                              Et bientôt on te vendra des parcelles du ciel

On porte tous notre croix,                                                  Car partout le marketing s'installe.

Mais quoi qu'on en dise,                                                     Alors pour rester stable quand ce système déraille

Je crois en vous                                                                    Nous avons besoin de respect et d'écoute

Pour que l'individualisme se brise                                     Je crois donc en nos forces à tous et toutes

                                                                                              Pour changer les choses.


            Non, ce monde n'est pas rose,

            Comprends, derrière ma prose

                                                                       Que c'est ensemble que l'on s'oppose

            Alors,  j'ose dire qu'il faut construire demain

                                   En gardant en tête ce qu'hier on a appris,

                                   Alors oui,       

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