Haro sur le B.... ou responsabilité collective ?

Haro sur le B.... ou responsabilité collective ? Par Jean Philippe Tizon Les voix se délient toujours en catimini, entre deux portes lorsqu'il s'agit d'élus, dans la rue ou sur le marché -de plus en plus désert- pour les quidams. Villemur entretient avec une jalousie historique deux aspects antagonistes à tout bon développement d'une démocratie locale de proximité : la critique dans le dos des personnes, source de rumeurs et le potentat démocratique. L'un est la conséquence directe de l'autre. Drôle d'interactions locales en ces temps où notre nation va de déni républicain en déni démocratique majeur ! Nous entendons les propos d'une telle ou d'un tel, le premier conseiller ceci, le premier conseiller cela. Mais jamais réellement personne pour poser en face les griefs, réels ou supposés, de façons constructives. Depuis longtemps, des militants progressistes et chrétiens, auquel votre plumitif appartient, se posent une des quadratures du cercle philosophique : Qui est responsable ? Celui qui possède la charge des affaires ou ceux qui laissent faire ? (1) Le premier magistrat de cette ville, comme de bien d'autres, reste indéniablement le produit direct d'un schéma de reproduction culturelle et politique quel qu'en soit l'ancrage idéologique de départ. Il demeure l'héritier spirituel d'un de ses prédécesseurs. Néanmoins, comme tout héritier, il garde une marge de liberté pour s'adapter aux contingences présentes. Après avoir tué symboliquement « le père », il demeure assez intelligent pour savoir qu'il ne peut réaliser un copié collé ; les contextes étant totalement différents tout en étant parfois similaires. Les Hommes sont ce qu'ils sont, partagés entre grandeur d'esprit et faiblesse du pouvoir. Confrontés au vide politique de leur entourage, ils comblent souvent ce dernier par l'attribution de charges. Cela possède un double avantage : limiter un temps les appétits de pouvoirs de quelques uns – il suffit d'entretenir une rivalité entre « barons (nes)» pour dominer la mêlée- et permettre de garder dans une seule main le projet politique de fond. Un inconvénient, le danger de ne pouvoir se renouveler à temps. Machiavel éclaire à la perfection ces stratégies politiciennes. Ceci posé, la messe est-elle dite pour autant ? « Les acteurs du déficit démocratique » Tout maire se veut la résultante d'une alchimie complexe dans laquelle son opposition, voire des composantes de sa majorité jouent un rôle majeur (2). Tout premier magistrat qu'il soit communiste, socialiste, divers gauche, divers droite ou confondant sa gauche avec sa droite, ne peut affirmer ses convictions à la condition, sine qua non, qu'il existe du répondant en face ou à côté de lui. Depuis quelques semaines, l'opposition municipale UMP à Villemur bât en retraite. L'absence de son leader, l'incohérence politique du groupe font que la « droite » locale ne joue pas son rôle d'opposition constructive. Cette cacophonie silencieuse ne contribue pas à l'émergence d'un débat contradictoire ou si rarement. Dans ces colonnes numériques, nous sommes toujours étonnés de l'absence d'un support médiatique du conseiller général de notre canton sauf, il faut le reconnaître durant, les campagnes électorales. La droite n'a-t-elle donc rien à dire ou considère-t-elle que la gestion menée par la majorité correspond à ses propres critères ? N' existe-t' elle que tous les 6 ans ? Amis de gauche, ne riez pas. Il y en a autant pour nous. Si, si, il y a des élus de gauche au conseil et, normalement, il existe même un vrai groupe Socialiste et républicain. Nous allions voir ce que nous allions voir. Depuis ces trois premières années de mandats, un silence assourdissant marque ses prises de positions. Pas d'intervention en tant que groupe en séances publiques, pas d'expressions de groupe en direction des citoyens (nes), pas de comptes rendus de mandats spécifiques en direction de la population. Bref, nous en restons sans voix et a priori nos camarades aussi. Du côté de la nébuleuse communiste, le « silence on dort » s'impose. On ne réveille pas les marxosaures du coin. De temps en temps, ils se contentent, reconnaissants, d’un os à ronger ou d'un cadeau donnant donnant. D'autres, plus rares et décérébrés beuglent contre un curé qui a fait leur boulot d’éveil des consciences. A l'évidence camarades, la droite locale n'est pas bonne, mais la gauche reste KO. Le déficit démocratique s'accroît. Reste ce que Mitterrand -François- appelait la société civile. Celle-ci est tiraillée entre une envie de servitude et le désir de vivre debout. Pas simple, les paternalismes sont passés par là. Néanmoins, des signes forts encourageants existent malgré la présence de plus en plus dure de la crise. Des citoyens (nes) se lèvent, interpellent, expriment leurs désaccords de façons constructives. Reste qu'entre l'émergence d'une aspiration républicaine et sa traduction politique, il existe un fossé important à combler. « Oser Penser collectif pour vivre ensemble » Certains, en lisant ces lignes penseront : « tient, il entend mettre son art au service d'une place éventuelle ». Rassurons de suite les biens pensants, si votre serviteur eut été animé par un vil esprit de lucre il n'eût point attendu de s'installer à « Villemurmure » pour y exceller. Bien des aspects philosophiques, spirituels, idéologiques par conséquent des choix de vie séparent l'auteur de ces lignes du premier des conseillers. Concrètement, sans lire dans la boule de cristal, des différences de fond existent sur le rôle et la place des citoyens (nes) dans la gestion de la cité ou le rôle primordial d'une dynamique collégiale dans les prises de décision. Pour autant, il peut exister parfois des convergences de vue. Pour cela, il faut reconnaître, ni plus ni moins, dans l'autre sa part d'humanité, un alter égo humain aussi perfectible que soi-même, bien que différent. Les animateurs de ce blog à titre individuel ou à titre collectif prennent position de façon constructive avec une vision de l'intérêt général. Nous sommes de gauche, proche du Front du même nom. En ce temps où les mots n'ont plus de sens, nous essayons modestement à notre niveau, de redonner un sens politique, philosophique et moral au mot gauche. Il ne suffit pas de critiquer la droite extrême aux affaires si sur le terrain des élus(es) et des citoyens (nes) n'osent pas penser collectif, dans les respects des différences, pour un vivre ensemble démocratique. Ces lignes sont un cri d'alarme d'un républicain de gauche. Il devient urgent de cesser cette approche pathétique du « qu'en-dira-t-on ». La loi du double je (je et jeu) reste contre productive. Assumer les positions antagonistes et/ou complémentaires permet d'éclairer les enjeux et à une majorité d'assumer ces choix en conscience. La liberté se développe uniquement par le courage de penser et d'agir. Alors il devient urgent de cesser le haro sur le B... et oser s'interroger sur l'essentiel, il en va de la responsabilité collective de chacun : Qui est responsable ? Celui (ceux) à qui nous avons donné la charge des affaires, ici et ailleurs, ou ceux qui laissent faire ? (1) Les plus curieux devraient feuilleter dans un premier temps quelques passages d' Hannah Harendt, notamment « les origines du totalitarisme » et sa notion de « société de masse » même si elle est aujourd'hui pour partie contestée (2) Si un code des communes, esprit Ve République décadente, octroie nombre de pouvoirs aux maires. À eux et à leurs colistiers (es) de définir un état d'esprit. Entre le potentat absolu et la chienlit, il existe un juste milieu démocratique, social et moral.

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